Elle avait encore eu un réveil difficile, pas parce qu'elle ne voulait pas se lever mais juste parce qu'elle avait encore arrêté de rêver. Ses jours passaient et les nuits aussi, fidèles à celles de la veille et tellement sans surprises.
Elle allait traîner ses doutes toute la journée, le matin sans avoir à se cacher puisqu'elle était seule, tellement seule, bien trop seule. L'après midi elle ferait semblant d'avoir envie de jouer avec son fils, probablement ils iraient ensemble à la plage mais bon... une plage de galets ca fait souffrir quand on y marche, pas seulement aux pieds non, surtout à ventre, putain de boule à l'estomac qui ne la quittait pas quand elle déambulait le long des vagues insignifiantes de la méditerranée alors qu'elle aurait voulu prendre un gigantesque rouleau en pleine gueule pour pouvoir se rafraîchir les idées. Salope de plage, putain d'endroit où ils s'étaient vu la première fois... mais le petit et le chien pouvaient en profiter alors ne pas les en priver et faire semblant d'être contente.
Puis après, il sera l'heure de rentrer et de replonger encore un peu plus dans les joies de la vie conjugale, ses contraintes, ses souffrances, ses longs moments de solitude même si on est deux, ses monologues croisés et sans lien entre deux personnes qui n'ont plus grand chose à se dire à part des banalités à faire crever de jalousie les plus belles rimes d'un patrick bruel apôtre de de la fulgurance des lieux communs quand il évoque l'amour. Elle avait osé lui poser une question:
tu sais comment on dit je t'aime en finlandais?
Qu'est ce que j'en ai à foutre lui avait il alors répondu, t'as pas des choses plus intéressantes à dire? En plus tu viens toujours me parler quand je joue!
Excuse moi avait elle alors répondu en tournant les talons et en se dirigeant vers la fenêtre pour fumer sa énième cigarette de la journée, toujours au même endroit, les yeux systématiquement posés sur le même coin de rue qu'elle pouvait voir de cet endroit, comme si elle espérait y voir surgir quelqu'un.
Encore une journée de passée se dit elle, c'est toujours ca de pris sur la vie.
Il avait encore eu un réveil difficile, pas parce qu'il ne voulait pas se lever mais juste parce qu'il avait encore arrêté de rêver. Il allait traîner ses doutes toute la journée et ses questions sans réponse aussi. Pourquoi il avait cette sensation qu'une partie de lui n'allait pas bien? Il avait mal nulle part en tout cas dans son corps à lui mais il sentait tellement de souffrances au fond de son âme...Il lui arrivait dans la journée, alors qu'il ne pleurait pas de sentir des larmes couler sur ses joues, étrange sensation de pleurer les larmes de quelqu'un d'autre. Il passait ses journées à s'occuper du mieux qu'il pouvait, il avait pris un petit boulot comme ca en attendant... mais en attendant quoi au fait? Il mettait des prospectus dans les boites aux lettres, c'était pas bien transcendant mais ca lui donnait l'occasion d'imaginer la vie des autres au lieu de vivre la sienne. Un pavillon un peu glauque; et son esprit divaguait à imaginer la vie de ses habitants. Ses pensées l'emmenaient tellement loin que sûrement il devait oublier de remplir de superbes catalogues auchan conforama et autres carrefour, certaines boites de réceptions réelles. Puis bientôt il faudrait rentrer...
il fumerait watt milles cigarettes à la fenêtre en regardant le ciel pour voir les étoiles, comme si il espérait qu'un ovni vienne le chercher ou à défaut, de recevoir un message venu de nulle part d'éventuels extra-terrestre ou de tout autre forme de vie surnaturelle.
Pourquoi, en fumant cette cigarette il se mit à murmurer! « mina rakastan sinua »?
il balança son mégot dehors et referma la fenêtre .il n'ira pas se coucher tout de suite, parce qu'il ne voulait pas dormir pour ne pas rêver et devoir ensuite se réveiller.