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The Sand is Red

Le sable était rouge, comme le sang qui s'écoulait de leurs pieds meurtris d'avoir affronté autant de bitume, de sentiers, escaladé toujours plus de montagne puis redescendre d'autres versants, comme des pèlerins infatigables. Ils étaient arrivés sur cette plage, lui par le nord elle par le sud et scrutaient l'horizon, immobiles, la main en guise de visière pour protéger leurs yeux tellement blessés par les larmes versées, par la souffrance, le manque et la solitude. Chaque caravelle, chaque chalutier ou vulgaire coque de noix qui passait au large, amenait au fond de leurs entrailles l'espoir que ce fut enfin l'arrivée tant désirée.

Le vent se levait et le sable s'envolait pour venir griffer leurs paupières mais ils restaient fièrement debout, solides et acceptant le dernier combat à livrer contre les éléments. Leurs visages se mouchetaient de centaines de points rouges sang, et chaque grain de silice qui venait incruster leur peau n'était en fait que la cicatrice indélébile des souffrances déjà vécues et parfois même vaincues.

Le sable était rouge du sang de leurs pieds et de l'hémophilie de leurs âmes, toutes ces secondes a saigner l'un pour l'autre et ils étaient enfin arrivés sur ces rivages, où ils savaient que l'autre viendrait.

Le nuit commençait à tomber sur les dunes et ils n'avaient pas esquissé le moindre mouvement de recul quand, au large, un fabuleux vaisseau apparut et fit refléter les rayons d'un soleil apocalyptique jusqu'au plus profond de leurs yeux, à leur en brûler la rétine. Ils eurent à ce moment la, le même réflexe auto protecteur et tournèrent simultanément sur le coté pour éviter l'aveuglement et en soulevant leurs paupières, leur yeux se sont croisés. Ils étaient tellement absorbés à scruter leur horizon qu'ils ne s'étaient pas rendu compte que l'autre était déjà la.

Le sable rougit d'avantage des traces de pas qu'ils laissaient en courant l'un vers l'autre.

Ils avaient contracté leurs prénoms pour n'en faire plus qu'un: SANDRED

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