Il avait tenu bon sans artifice dans le monde du réel, il avait réussit à soutenir le regard des autres, à surmonter ses complexes, et même parfois à être charmant.
Charmant...c'était étrange ce mot quand il l'entendait prononcé à son attention. Pourquoi pas séducteur aussi?
Quand elle lui disait « tu es mon prince lapon », il était tellement fier d'avoir réussit à être enfin suffisamment en vie pour entendre ca, quand elle lui répondait « moi aussi je t'aime, tu es ma folie, mon plus beau rêve », il était aux anges, elle était son ange.
Quand ils parlaient de grandes étendues de neige où ils iraient courir pour attraper froid juste pour pouvoir se réchauffer l'un contre l'autre, il pensait au fond de lui que la vie pouvait parfois faire des miracles et transformer une vulgaire poudre blanche longtemps son amie, en une puissante déferlante d'amour, de rire, de plaisir et de volupté.
Ce soir la, quand il comprit qu'elle ne rentrerait plus à la maison, il enfila son manteau pris sa voiture et roula sans même réfléchir. C'est dingue comme en dix ans les villes ne changent pas. Il se gara à la même place qu'avant, fit quelques mètres, s'engouffra dans une ruelle qui débouchait sur une grande place. Rien n'avait bouger, comme si le temps s'était figé en attendant qu'il revienne.Les prix avait augmentés mais moins que le litre de gasoil à la pompe.
Quand il fut rentré chez lui, il ouvrit le sachet, étala sur la table la substance et avec sa carte bleue, il écrivit LAPONIE.