Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

La dernière clope

 Il ne vivait plus depuis des mois. A vrai dire il n'avait pratiquement jamais été en vie. Il est né quand il avait déjà presque quarante ans et il est mort quelques mois plus tard, une sorte de mort subite du nourrisson mais pour quasiquadra. Tué par une bonne résolution, de celles qu'on prend en janvier quand tout est beau, quand les yeux des gens brillent encore des lumières et des décorations des villes, quand les enfants se racontent encore ce qu'ils viennent d'avoir comme cadeaux, lui il avait fini comme une dernière cigarette qu'on fume jusqu'au filtre en se disant « après celle la, j'arrête! ». d'ailleurs, il aurait sûrement préféré avoir la tête écrasée dans un cendrier déguisé en pare-brise et il lui avait dit dès le début de leur histoire:

mourir dans un accident de voiture

la gueule en sang contre un mur

est certainement moins douloureux

que de n'être plus rien dans tes yeux.

elle avait trouver ca beau, romantique ou tout autre mot qui vient à l'esprit d'une femme qui ne sait pas aimer, qui ne sait pas être aimée et surtout qui parle trop souvent de mort et de la souffrance pour vraiment savoir ce que c'est, en tout cas elle avait été incapable de faire la différence entre quatre vers et une dernière volonté...

janvier, le mois des bonnes intentions, des résolutions mais jamais des révolutions, sans dire un mot, elle quitta leur histoire en le laissant seul avec leurs projets, leurs rêves, leur folie et surtout le poids de leur amour à porter seul.

quand elle abandonna l'amour qui les unissait comme on déposait un bébé trop encombrant jadis sur les marches d'une église, elle n'avait pas compris qu'elle ne fumait pas sa dernière cigarette jusqu'au filtre, elle ne se rendait pas compte qu'elle l'avait juste allumée, tiré une ou deux lattes et laissé se consumer toute seule sur le bord de la fenêtre sans même avoir la délicatesse de l'écraser un bonne fois pour toute...

Les commentaires sont fermés.